mardi, mars 17, 2009

Ecologiquement incorrect, le bonhomme





qui a ramené, tel Jussieu avec son cèdre, et osé planter cette plante bien petite alors mais terriblement invasive, Acacia dealbata, plus connue sous le nom de Mimosa, dans le jardin des années 1990.

C'était après un court séjour autour du Cap Ferret près d'Arcachon, non loin du phare.



Petit Mimosa s'est plu chez nous, a grandi, a prospéré, a drageonné, est passé chez le voisin etc..De temps en temps, il gèle, semble disparaitre, un peu piteux, et puis revient l'année suivante tout beau tout neuf... Ce genre de plante ne se laisse pas facilement abattre...




Nettement invasif sur les bords de la Méditerranée, il peine un peu, dans notre Sud Ouest quercynois; les parties aériennes ne résistent pas à une période de grande gelée prolongée. Mais le réseau de racines est coriace, et il repart rapidement .

Cette année, les gelées matinales ont été fréquentes, mais de courte durée, la température remontant rapidement en cours de matinée.



Excellent pour l'agriculture ... et les mimosas.






Ca nous fait une floraison un peu tardive mais fournie.

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mardi, septembre 30, 2008

Le Tréfle, çà porte bonheur ...

Au forum des associations à Cahors, ce samedi dernier.

Lot nature est présent, et l'après midi, je viens rendre visite et discuter quelque peu.

Dans la salle, au milieu du brouhaha, et par le truchement du portable de José, le Circaéte, vedette obligée et emblématique de nos causses, se mêle aux conversations et fait retentir ses cris particuliers, dans la salle.
Succés garanti.

Une dame s'approche et vient nous confier ses problémes: ils sont de taille; un vilain "trèfle rose" envahit son jardin, et elle vient nous demander comment s'en débarrasser.

On discute; elle fait retourner la terre de son jardin par un tracteur; la plante peu abondante, localisée au départ, semble gagner en extension chaque année; elle est maintenant répandue sur une bonne surface.

J'essaye de lui faire décrire un peu plus précisément l'envahisseur, et j'apprend successivement qu'il ne fleurit pas "en boule", mais avec des fleurs uniques de couleur rose; par ailleurs au pied de la plante, ce sont des "bulbes", ainsi dispersés par l'action du tracteur.

Avec ces caractères, le doute n' est plus permis: c'est un Oxalis et non un tréfle qui géne notre dame, probablement Oxalis tetraphylla, plante ornementale couramment rencontrée dans les jardins et qui peut se naturaliser facilement dans nos régions méridionales. Les exemplaires de mon jardin ont été ainsi récoltés aux abords d'un village du Gard où ils prospéraient en un endroit utilisé par les habitants pour se débarrasser de leurs déchets de jardinage

Je lui donne des détails supplémentaires, cite les Oxalis jaunes envahissant les cultures de l'île de Porquerolles.

Je me risque ensuite à lui dire que je ne vois qu'un moyen efficace pour l'éliminer: c'est le ramassage à la main de tous les "bulbes" et surtout l'arrêt de l'emploi du tracteur...Protestation de la dame...C'est un travail de titan.

Je suggère, pas trop fier de moi tout de même, de tester l'action d' un "produit chimique" désherbant, sur une petite quantité, "pour voir "....

La dame est repartie .... en nous remerciant.. pour la forme. Dur...dur de rester vraiment naturaliste, quand on se heurte à des plantes introduites difficiles à éliminer.

Pourtant, je dois l'avouer, j'aime bien ces plantes venues d'ailleurs et un peu envahissantes dans ce milieu particulier, fortement "perturbé" par l'homme qu'est un jardin.

Si j'étais de la dame, fainéant comme je suis, je me laisserais doucement envahir par cet Oxalis accommodant qui fleurit gaillardement sous nos cieux en toute saison, et je ferais ainsi, en ces temps où l'énergie devient plus chère, l'économie du carburant du tracteur.

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Elisabeth nous a fait le plaisir d'ajouter sur Plantes des jardins et des chemins, avec ses commentaires amusants et amusés, une belle image du petit Oxalis à fleurs jaunes, l'Oxalis corniculé, fourni gratuitement (!) avec les plantes achetées en jardinerie, et si familier de nos jardins mais aussi de nos rues et de nos trottoirs, qu'on ne le remarque même plus et qu'on l'arrache facilement. .

Confidence: ce n'est pas une image d'Oxalis corniculé, mais un superbe scan: c'est sur le site de Marie Héléne Le Roux, qui, en prime, nous donne quelques conseils pour scanner les plantes en relief.

René, si tu me lis, cours y vite...C'est ici, en Drôme Provençale ensoleillée, avec des oiseaux en plus (clic sur Herbier ).

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jeudi, août 30, 2007

Plantes invasives: un clin d'oeil amical....






aux acteurs des discussions passionnées et passionnantes sur les plantes invasives, envahissantes, proliférantes ...., bref sur ces affreux végétaux qu'il faut éradiquer, poursuivre, arracher etc... pour le bien être des autres organismes vivants dont ils prennent la place sans se gêner, souvent invitées par l'homme pour son plaisir au départ.

Par exemple, les "renouées", ces sympathiques Polygonacées, vous connaissez.

Le genre Polygonum et les genres voisins, Fallopia par exemple, qui partagent avec Jussia, les Jussies et bien d'autres plantes le triste privilége d'être montré du doigt, cloué au pilori comme "tueur de biodiversité".

Alain Baraton, le jardinier de France Inter a parlé rapidement ce Dimanche de la collection nationale des Polygonum ... Si si, ça existe...C'est en France..

Pour la voir, il faut se rendre à Saint Paul le Gaultier dans la Sarthe, dans le Jardin des Hautes Haies: la jardinière Liliana Motta, "artiste botaniste" nous vient d'Argentine. Le Jardin a été remarqué par l'Association des Journalistes du Jardin et de l'Horticulture, qui lui a décerné une mention Initiative Citoyenne en 2007.

Pour illustrer ce message blog, je viens de photographier les Polygonacées de mon entourage proche.
Etonnant... non...(;o)))

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lundi, août 27, 2007

Floirac, nature sur Dordogne lotoise.

Ce samedi, petite remontée vers le Nord...

Oh pas loin, la couasne de Floirac, espace naturel sensible..

Un grand bol de nature en vallée de la Dordogne.

Notre Conseil général pilote une animation grand public autour des Chauves-Souris, mal connues et mal aimées.

A ranger avec les Ours, avec les Loups, les Serpents, les Araignées et plein d'autres animaux, bestiaire qui entraine, autour de lui et de ses prétendus méfaits, des comportements archaïques, irraisonnés et imbéciles.

Quinze personnes.. dont trois enfants. Des gens raisonnables, certains, habitant Floirac, nous hébergeront pendant l'orage bienfaisant du repas.

D’abord des informations et des images...Normal, nos trois animateurs nous préparent aux observations de la tombée de la nuit.

Et puis on fait une petite répétition en plein jour du trajet à effectuer plus tard au crépuscule.

Et le botaniste se régale alors un peu dans le voisinage de ce village ancien , Floirac, espace cultivé sur sols de vallées, riche (maïs obligatoire..), espace habité et jardiné, oh combien agréable.

Ce qui permet de s’apercevoir que dans cette vallée de la Dordogne bien plus humide que le Causse proche, une quantité de plantes cultivées s’échappe des jardins et se naturalise facilement: le Buddleja bien sûr, le Févier ( Gleditschia triacanthos, dans sa version épineuse), le Prunus pissardii nigra à feuillage rouge viennent rejoindre le long de la voie ferrée à voie unique le Robinier présent depuis bien plus longtemps. Le Phytolacca est bien présent en bordure des haies, malgré les fauchages répétés.



Toutes ces plantes "envahissantes" viennent donc enrichir la liste lotoise en voie de confection.

Le soir, ensuite, jusqu'à 23 heures, ce sera le repérage au détecteur d'ultrasons des chauves souris au niveau du village d'abord, (Pipistrelles...) puis dans les vergers et jardins voisins
(Sérotines..) , et enfin au bord de la Dordogne sous les arbres de la ripisylve, pendant que chouettes, Hulottes, Effraies nous régalent d'un concert nocturne pendant que les Murins de Daubenton volent en escadrille au ras de l'eau et des arbres des rives en faisant crépiter
les batbox.

Un grand moment de nature... rare...

Des sensations et des émotions fortes devant cette Dordogne nocturne qui coule silencieusement, en assurant la vie d'animaux discrets, mais pourtant décriés.

Et un hommage, en forme de merci..

Aux jeunes animateurs militants associatifs qui ne ménagent ni leur
temps, ni leur peine pour nous informer et nous convaincre que cette
faune modeste est elle aussi en graves difficultés de part notre
présence humaine elle aussi envahissante.

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lundi, août 20, 2007

A la recherche des espèces envahissantes autour du lac.

Il y a deux jours, une petite promenade autour de notre Lac Vert à Catus.
C'est un lac artificiel qui ne manque pas de charme, résultant du barrage du cours du Vert effectué il y a plus de 40 ans, et fréquenté par les pêcheurs, les sportifs, les baigneurs et les promeneurs et ... les naturalistes.

J'y vais avec une intention précise; réaliser une série de photos numériques de plantes pour illustrer une liste des espèces exotiques envahissantes dans le Lot.

Démarrage tout près de la terrasse du restaurant avec Bidens frondosa pas encore fleuri, sur une vingtaine de mètres. Quelques plantes puis plus rien après; à croire que ce Bident à fruits noirs, ce nord américain sans gène, qui a la plupart du temps éliminé des rives, fort proprement, notre Bidens tripartita ou chanvre d'eau eurasiatique, s'est installé là où la fréquentation est habituelle et abondante.



Je note la plantation de Buddleias, violets et blancs, mais sans conséquence particulière; le Buddleia ne s'est pas ressemé dans le coin.

Je continue la promenade et tout à coup mon petit fils qui m'accompagne tombe en arrêt devant une curiosité et me fait signe: une boule de petits poissons noirs qui se déplace doucement en longeant le rivage; la silhouette de chaque alevin évoque pour moi les souvenirs des pêches aux poissons chats de mon enfance. De retour à la maison, la consultation des bouquins, puis d'internet confirmera cette intuition. Il s'agit bien de jeunes poissons chats.



Dix mètres de plus et c'est l'apparition fugace d'une écrevisse trop rouge pour être honnête; je ne suis pas du tout spécialiste, mais cela ne ressemble pas à l'écrevisse à pieds blancs autochtone que j'ai aussi rencontrée et ramassée, les pantalons bien mouillés, dans le Cher ou la Sauldre de mes jeunes années; une écrevisse américaine, Orconectes limosus peut être. Je ne saurais le dire, mais il y a présomption d'envahissante.


On terminera le tour du lac par le recensement d'un seul petit Erable negundo, à feuillage vert naturalisé sur la rive côté Nord.



Il provient sans nul doute d'un individu planté, vu le diamètre actuel de son tronc, au moment de la création du lac et qui un demi siècle après, est devenu cet arbre fort respectable qui ombrage maintenant efficacement les couples d'amoureux ou les pécheurs solitaires qui fréquentent ces rives romantiques.



Côté animaux aquatiques, il y a invasion probable. La boule de poissons chats n'était pas isolée.

Côté plantes de berges, le milieu a tout de même été bien conservé: nombre de plantes indigènes se sont installées normalement, laissant peu de place aux envahissantes.

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mardi, juillet 17, 2007

Plantes voyageuses

Je suis retourné ce matin à l'ancienne carrière inondée de la réserve de chasse.

Le volume d'eau des mares a un peu diminué par évaporation.

Néammoins, l'Africaine Lagarosiphon major semble toujours y couler une existence heureuse, les tiges se ramifiant harmonieusement pour occuper une surface importante. Le soleil qui revient doit à mon avis encourager cette croissance.


Il faut rappeler que cette plante à tendance invasive est surveillée en France dans les plans d'eau.

Un peu étonné par la découverte de cette plante inconnue l'autre jour, je ne m'étais pas aperçu de la présence des autres plantes aquatiques indigènes.

En bordure de la masse des Lagarosiphon, un Myriophylle indigène persiste donc malgré tout.


Facile à identifier par ses inflorescences émergeant de la surface, il s'agit bien sûr du Myriophylle en épis, Myriophyllum spicatum, peu abondant ici; il est vrai qu'il n'y a plus trop de place.





C'est une plante eurasienne, qui a tendance à devenir cosmopolite.

Il peut être utilisé comme plante d'aquarium.

A cet effet, il a été introduit en Amérique du Nord et au Canada, où il est considéré maintenant comme une plante invasive génante, sans pourtant être interdit à la vente.

On peut lui opposer un charançon en lutte biologique.

Certains conservent néammoins le moral.

Par contre dans certains pays d'Europe, il est rare et peut jouir d'un statut de protection.

Nou l'avons déjà constaté: l'homme n'a pas son pareil pour perturber les milieux naturels et fabriquer du désordre supérieurement organisé en facilitant les déplacements intercontinentaux des végétaux.

En retrouver les effets dans quelques métres cubes d'eau sur un Causse isolé, "en plein bled", il faut tout de même le faire.

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mercredi, juillet 11, 2007

Tout près du Pont,

Tout près du Pont d'Avignon, malgré les aménagements successifs des rives du fleuve par la Compagnie Nationale du Rhône et la municipalité d'Avignon,



il reste tout de même encore un peu de nature le long du vieux bras du Rhône, une occasion d'herboriser facilement au coeur de la ville.

Il y a moins de dix ans, nous avions retrouvé à cet endroit même une herbe modeste à protection départementale: Carex remota, qui a probablement disparu à l'heure actuelle.

Si on se penche maintenant pour regarder le long du débarcadère de la navette fluviale, une frange bien feuillue de jeunes arbres et d'arbustes a pris racine au voisinage immédiat de l'eau.

C'est l'occasion de faire connaissance avec Amorpha fruticosa, le faux Indigo, qui démarre sa floraison; la couleur des fleurs est originale, violettes avec les anthères des étamines orangées: une splendeur!!


C'est une plante envahissante des bords du Rhône et de Camargue, originaire d'Amérique du nord, qui fait l'objet d'une lutte spécifique, car elle a tendance à empêcher la flore naturelle de s'établir.

On pourrait dans sa jeunesse le confondre avec de jeunes plants de Robinier.

Les deux sont d'ailleurs présents côte à côte sur la première photo.

Le Faux Indigo est toujours proposé à la culture comme plante ornementale, alors que c'est une plante franchement gênante pour les autres, dans le milieu naturel, sur les berges des cours d'eau du Sud de la France. Elle n'est pas la seule.

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jeudi, juillet 05, 2007

Festival en Avignon

Le festival va démarrer.



La ville va être envahie

C'est déjà commencé d'ailleurs.



Rue Joseph Vernet, dans l'intra-muros, les Euphorbes prostrées ( E.prostrata, E.maculata) ont envahi les jardinières de Bégonia devant le distributeur de billets du Crédit Agricole.

Ah! les plantes invasives.....cauchemar des gestionnaires, plaies des jardiniers...et régal des botanistes en zone urbaine (;-)

Heureusement, le Buplévre ligneux, seule Ombellifère française en forme d'arbuste bas, indigène lui, est fleuri au Rocher des Doms.

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mercredi, juin 27, 2007

Un botaniste chez les chasseurs (3° épisode)

Mais non, pas de compte rendu de réunion aujourd'hui.

Nous sommes en promenade découverte d'un réseau dense de petits chemins forestiers dans les chênaies entre Montgesty et St Médard. Sur la route une pancarte nous a averti: nous arrivons au niveau de la réserve de chasse et de faune sauvage d'une société de chasse locale.

La botanique étant une activité calme qui ne nécessite pas la présence obligatoire d'un chien qui dérangerait le gibier, sans état d'âme, nous explorons donc les chemins herbus et encore bien mouillés: on recense les Epipactis muelleri, helleborine, les Cephalanthera rubra etc...au pied des murets anciens bordant les parcelles boisées avec une abondance de Cornouillers mâle et sanguin. La récolte de cornouilles sera bonne cette année.

Un court détour vers un lieu plus éclairé, et c'est la surprise: une superbe petite carrière abandonnée dont le fond retient l'eau; une roche claire, très dure, qui a du être débitée avec une scie laissant des traces rectilignes, un peu inattendues dans ce fouillis de verdure se reflétant dans une succession de petits plans d'eau.




Autour et au dessus de cette carrière, des pelouses séches, rocailleuses colorées par le Serpolet et les Germandrées (Teucrium montanum); sur argile, les pelouses sont plus gazonnantes; les sangliers marquent leur présence de petits entonnoirs discrets dispersés. Ca ouvre un peu le milieu pour faire de la place à des plantes pionnières.



La nature reprend donc ses droits, les chasseurs entretiennent un espace intéressant pour leur gibier: tout semble donc normal dans ce coin de causse de Mongesty.

Tout .... sauf la flore aquatique.
Dans deux des plans d'eau, sous la surface, un superbe herbier un peu envahissant.




Une plante inconnue! Une vague ressemblance avec une Elodée, mais les feuilles sont plus coriaces.

C'est Flora Helvetica qui va me donner la solution:

n°2388, Lagarosiphon major, le grand Lagarosiphon, originaire d'Afrique du Sud: ses feuilles sont bien disposées en spirales.



Rien à voir avec la chasse dans le Quercy, sauf que je soupçonne un chasseur aquariophile d'avoir voulu oxygéner l'eau pour permettre à la faune sauvage de boire une eau limpide. Ce faisant, il introduit dans le milieu naturel une plante non autochtone et envahissante, fait normalement réprimé par la loi.

Je suggère donc à la société de chasse une "cueillette administrative", avant le repas traditionnel.... Un peu comme la Jussie.. ou le ragondin.

Autre suggestion: végétaliser les carrières après exploitation, c'est nul et çà ne sert à rien. C'est bien plus riche quand on laisse faire la nature. A condition de ne pas transformer la carrière en dépotoir.

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