samedi, février 07, 2009

La fleur au fusil.

Que peut bien faire le pauvre botaniste lorsqu'il rencontre, dans le froid matinal, des hommes courageux, immobiles dans le vent glacé, loin de leur voiture à cellule grillagée, et guettant l'arrivée improbable d'un sanglier mal dégrossi qui aurait oublié que c'est Samedi et qu'il faut plutôt se planquer ce jour là si on tient à la vie dans la belle vallée du Vert ?



Vieux solitaire un peu gras
Merci au site Environnement école.


Que peut-il bien faire d'autre que d'aller "offrir une fleur", symbolique bien sûr à ces personnes respectables qui ont fait le choix de se tirer vaillamment du lit de leur marquise, où l'on est si bien au chaud, croyez moi, à compter fleurette en hiver ?

"Allons, cher botaniste, présentez nous vite cette fleur symbolique..."me direz vous.

Je l'ai cueillie dans le N°185 du Petit Journal ("l'Info locale dans le Lot" ) page 12: elle a été cultivée avec beaucoup de soin par notre députée, membre du groupe chasse de l'Assemblée Nationale, et offerte aux chasseurs de Mercuès.

"La chasse est un sport, une passion enracinée....(NDRL.la métaphore végétale semble valable)...Les chasseurs contribuent à rétablir l'équilibre de l'Ecosystéme et grâce à eux de nombreux accidents et ravages sont évités".

Ainsi harmonieusement épanouie, voici donc une belle fleur d'éloquence, qui vaut son pesant de cartouches.

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lundi, décembre 15, 2008

Spéciale chasse (2)

Un autre article m'interpelle dans les pages Spéciales chasse.

"Les chasseurs n'ont pas d'âge " nous indique que chasser conserve bien, et nous donne l'exemple d'un chasseur de Saint Jean de Laur, en bonne forme et âgé de près de 98 ans qu'on a envie de féliciter.

Marcher dans la nature, faire de l'exercice permet donc de maintenir la forme.

Avis donc à nos chasseurs qui veulent se déplacer maintenant en voiture.

Si les chasseurs presque centenaires existent, les vieux naturalistes, botanistes, géologues, dévoreurs de kilomètres, sont encore légion. J'en ai connu, qu'on avait parfois peine à suivre.

Comme le grand naturaliste arpenteur du désert Théodore Monod, né en 1902, mort en 2000 et qui entre autres a présidé le R.O.C (Rassemblement des Opposants à la Chasse) avant que ce mouvement n'évolue en Ligue R.O.C (plus exactement la Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs ), présidée actuellement par Hubert Reeves.

Il y a quelques années, j' avais eu la chance d'assister à un colloque au Museum où il était présent en temps que spectateur, et je me souviens avec émotion de cette frêle silhouette trottinant discrètement dans les allées du Jardin des Plantes.

Forte personnalité, ce vrai naturaliste à la mode ancienne, que j'ai toujours beaucoup admiré.

"Je n'aime pas les animaux, je les respecte. Les animaux ne veulent pas qu'on les aime, ils veulent qu'on leur foute la paix" (T. MONOD)

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Spéciale chasse lotoise

Le pauvre botaniste a pris connaissance avec beaucoup d'intérêt les deux pages "Spéciale chasse" de la Dépêche de Vendredi dernier.

Bonne communication en direction de la population lotoise de la nouvelle équipe, après une photo l'autre jour de notre préfète s'exerçant au maniement de l'arc après l'inspection d'une battue.

A la différence des pages spéciales 2007, nous ne sommes plus invités à "cueillir la nature" sans contraintes ni limites, mais nous sommes bien informés sur le rôle de la chasse dans l'espace départemental. On peut prolonger cette information sur le nouveau site Internet de la Fédération départementale. Un site en Spip pour les initiés, comme celui de Lot Nature Botanique.

J'ai noté avec plaisir qu'à Corn on pouvait rencontrer des panneaux de signalisation avertissant les autres utilisateurs de la nature de l'activité de chasse. Je n'en ai pas encore rencontré dans mon coin de Bouriane, où les sangliers "niquent" encore avec ardeur, où cerfs et chevreuils martyrisent joyeusement les jeunes arbres non protégés, et où les chasseurs utilisent parfois la voiture pour rentabiliser la régulation.

Le pauvre botaniste est aussi intéressé par les" jachères utiles à la faune sauvage". Nous voyons ainsi fleurir çà et là de jolis parterres fleuris, surtout à base de cosmos et autres plantes non européennes en mélanges utilisés couramment dans les jardins. Je rêve alors du jour où nos 58 agriculteurs du Quercy Blanc qui ensemencent ainsi 260 hectares découvriront qu'il y a aussi des plantes indigènes qui peuvent jouer le même rôle et sémeront des mélanges de graines, composés en Quercy, plus en accord avec les terroirs du coin , et destinés à s'insérer plus discrétement dans la flore lotoise.

Je me réjouis que depuis la grippe aviaire, la faune sauvage est surveillée, sans oublier tout de même le rôle principal tenu par les échanges commerciaux dans les alertes récentes à cette maladie. Dans le Lot, je découvre en photo qu'on soigne les lièvres lorsqu'ils sont malades... si...si....

D'autres découvertes ? allez... je vais vous faire part d'un secret: à Labastide-du-Ver, les blaireaux, espèce tant haïe de nos agriculteurs et des lieutenants de louveterie, sont carnassiers..

Il me semble que, à l'exemple de notre animal terrassier, notre pauvre botaniste se doit de creuser davantage cette question en Commission départementale de la Chasse et de la Faune sauvage.

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mardi, décembre 02, 2008

Je hais les dimanches..

"La chasse dans les régles de l'arc": un article de la Dépêche de ce Lundi met en vedette une battue au sanglier inhabituelle qui vient d'avoir lieu à Espère avec les archers du Lot, le gibier blessé étant repéré à la trace et géré par des chiens de rouge ou chiens de sang. Pour le détail, je renvoie aux sites des associations locales.

Je cite une partie de l'article reprenant les propos d'un chasseur à l'arc:

"C'est un exercice très intéressant, car il fait appel à de bonnes qualités physiques et à une préparation rigoureuse.
C'est fascinant de pouvoir être tout prêt d'un animal en se fondant dans la nature afin de ne pas éveiller ses sens. Il m'est arrivé de me retrouver à quatre petits mètres d'un chevreuil. Ce jour-là, mon vrai plaisir, c'était tout simplement de regarder l'animal... sans le tuer"


Dans le même temps, ce même jour, près de chez moi, sur la route sinueuse et étroite qui descend vers la vallée au milieu de la forêt, à côté de dix voitures alignées encombrant la moitié gauche de la chaussée, sans triangle de sécurité, les conducteurs coiffés de rouge fluo, les mains dans les poches, discutaient en attendant je ne sais quoi. L'un d'eux démarre en trombe avant que je passe, m'obligeant à stopper.

Depuis trois semaines, dans cette unité de gestion où les sangliers ont copulé jadis avec ardeur, chaque week end, le Samedi et le Dimanche, le groupe est occupé ainsi à surveiller le même secteur, un secteur forestier en flanc de vallée, où d'habitude j'aime me promener, les sens en éveil, attentif à la moindre larve réfugiée dans le bois mort, au moindre mollusque en balade nourricière, au moindre lichen ou champignon inconnu ou inhabituel, heureux de découvrir le petit peuple varié qui occupe le dessous d'une grosse pierre.
IL M'EST ARRIVE DE ME RETROUVER A QUATRE PETITS METRES D'UN CHEVREUIL.

Mais ce dernier dimanche, comme les 3 dimanches précédent je n'ai pas eu la possibilité
de regarder un animal... sans le tuer... C'est un exercice très intéressant, car il fait appel à de bonnes qualités physiques et à une préparation rigoureuse
.

Sécurité oblige bien sûr.
La mienne d'abord...


Un jour sans chasse le week end serait quand même bienvenu pour tous, et surtout pour les promeneurs qui travaillent en semaine...
Il faut apprendre parfois à partager un peu le plaisir.... les amis...

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dimanche, octobre 26, 2008

Lectures de la semaine

Au fil des jours, par la télévision, le journal, par Internet de plus en plus nous arrivent des faits divers, des anecdotes qui dévoilent la complexité, parfois cocasse, parfois dramatique, souvent incohérente, des rapports difficiles entre la nature, les animaux et l'espèce humaine.

Cette semaine l'actualité, mais aussi le hasard des lectures nous ont particulièrement gâté.

1. Passons rapidement sur la rencontre d'un vieux chasseur espagnol et d'un ours dans le Val d'Aran; glissons sur l'utilité réelle d'une chasse au sanglier en battue en montagne...Les aboiements des chiens courants dans nos campagnes fichent souvent la frousse aux récolteurs de champignons, aux promeneurs du dimanche et aux amoureux en émoi qui savent qu'il est préférable alors de déplacer leurs carcasses vers des endroits plus paisibles pour continuer leurs activités. Ce pauvre ours roupillait dans son coin , probablement pour favoriser une digestion un peu lourde, et voilà des chiens qui le dérangent, accompagnés d'un plantigrade camouflé tenant un drôle d'objet. L'ours s'est dressé, et a pris contact, certes rudement, avec l'homme apeuré.. qui a tiré.

L'ours s'est alors taillé prestement. Pas de quoi en faire un gros titre dans la Dépêche.

2. Il est vrai que notre journal préféré aime attirer l'attention sur cette actualité basée sur la tradition . D'autres angoissent leurs lecteurs sur la dégringolade de la bourse, ou détaillent par le menu les galipettes officielles. Rien de tel dans le Lot: on jette un coup de projecteur sur les Oies d'Esclauzels, qui par la sonorité de leurs cris (j'ai retrouvé brutalement l'usage d'un mot très peu harmonieux, "cacarder", ) jettent la zizanie entre des éleveurs et leurs voisins, mobilisent le maire et les gendarmes du canton, et vont faire l'objet d'un dossier qui va aller grossir une énorme pile dans une salle du palais de justice. On supporte le bruit des débroussailleuses du dimanche, mais pas celui de quelques volailles dans un enclos qui communiquent entre elles ou avec celui ou celle qui leur apporte à manger. La campagne où les renards font du camping ou viennent bouffer dans la gamelle du chat n'est décidément plus ce qu'elle était. Il est vrai aussi que les agriculteurs sément maintenant beaucoup de maïs, le met préféré des sangliers et bientôt des cerfs, à ce que j'ai entendu dire. Bref, c'est vraiment un peu bizarre, nos espaces ruraux humanisés du 21° siècle.

Au tour d'Internet maintenant, qui nous apporte aussi sa part:

1.Un blog ariégeois nous fournit la matière d'un fait divers relaté par Midi Libre: un animal en forme de serpent pénétre dans une école; la directrice d'école (photo)n'écoutant que son sens du devoir avec courage , fait évacuer l'école, tue le "serpent" et le jette dans les toilettes sans aller consulter auparavant la liste des espèces protégées. Où va notre école si les enseignants négligent ainsi les lois de la République.

2. Il est temps d'aborder maintenant les nouvelles positives: nous en choisissons une qui nous vient de l'Est:

En Isère Sud, les prévisions avant l'ouverture de la chasse.

A noter la phrase suivante, dans le Dauphiné Libéré, à propos du chevreuil,

La population se stabilise, après une baisse ces cinq dernières années.

On les estime à 15 à 20 000 sur l'Isère.

On les trouve surtout en Belledonne, Vercors. Moins dans l'Oisans, et très peu en Chartreuse.

«Dans le Vercors, côté Drôme, le loup a fait beaucoup de dégâts» estime toutefois Roger Baboud-Besse, président de la Fédération.


Pour nos forestiers, un espoir: vivement le Lot avec le loup.

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mercredi, octobre 15, 2008

Le renard, toujours le renard...

Dans la Dépêche de ce matin, encore une histoire de renard qui ne va pas arranger les affaires de cette espèce déclarée nuisible dans le Lot...Pour essayer de la retirer de la liste, ça ne va pas être de la tarte...

Déjà qu'on l'accusait encore récemment en Commission de la Chasse et de la Faune Sauvage de choisir de trucider des poules et des faisans innocents,lorsqu'on lui présente ces mets délectables dans des conditions favorables, alors que la Science a démontré depuis longtemps qu'en gros, il devrait manger beaucoup de rongeurs et des fruits suivant les saisons...

Revenons donc à notre Renard quercynois domicilié à Lacapelle, à l'extérieur de Cahors: un Renard chapelain en quelque sorte...Maitre Renard, sans aucun doute...

Nous avons narré en son temps l'histoire de ce renardeau lotois qui pour se reposer avait squatté un lit conjugal dans une caravane..Péché de jeunesse ardente, durement sanctionné par un coup de gourdin..

Rien de tel ici: notre renard est plus prudent; à une heure tardive, il s'approche d'un muret éloigné de la maison; une autre nuit, il fait le tour de la piscine; puis, toujours aux alentours de minuit, l'heure du crime, il s'enhardit et vient sur la terrasse...

Une photo est prise alors pour témoigner de ce forfait.. Pourquoi violer ainsi la propriété privée, même non clôturée?...Une bête dite sauvage qui ose fréquenter des lieux humanisés, voire civilisés et foutre la trouille aux mômes..Inqualifiable...

Qu'elle reste donc au fond des forêts profondes, au milieu des fourrés impénétrables de ronces et autres plantes piquantes, ou à se plaire dans la légèreté des ténèbres, dans ce terrier qu'elle ne devrait jamais quitter... au lieu de venir batifoler parmi les Plantes des Jardins et des Chemins...

Pourquoi ce salopard de Renard suit-il donc le mauvais exemple de ces sangliers qui retournent des pelouses soigneusement tondues, parfois sportives même, sous prétexte de les aérer? qui viennent se reposer dans des jardins soignés en les laissant dans un état où ils ne voudraient pas les trouver en y pénétrant? qui retournent les composts alors qu'on ne les a pas sollicités? Pourquoi ? oui pourquoi ? Je vous le demande.

La réponse est tout simplement minuscule, misérable, indigne d'un animal qui prétend appartenir encore à la faune sauvage..

Sur la terrasse, on avait pris l'habitude de placer chaque jour une gamelle... ce soir là, dans la gamelle, des os....et comme un vulgaire hérisson amateur de lait, notre renard dérobait la pitance du chat...

Intolérable comportement. La fédération des chasseurs a été avertie... Gageons que la gamelle sera placée bientôt dans une grande boîte.

En attendant comme première punition, son aventure, avec photo du malfaiteur, est publique dans le journal..

Si récidive, c'est sûr, l'Administration prendra des sanctions..

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vendredi, septembre 26, 2008

Loup y es tu ?

Le saviez vous ?

Les loups n'ont jamais cessé d'être présents dans la campagne lotoise, surtout en cette saison.

Mais peu de personnes les remarquent.

Illico presto, transportez vous donc ici.

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dimanche, septembre 14, 2008

Souvenirs: ouverture en chasse mineure.

1948: c'était tout juste au milieu du siècle dernier: la guerre est finie depuis 3 ans.

Les lapins abondent sur les terres solognotes de nos amis agriculteurs de la Gastière à Pruniers Des terriers partout, des dégâts bien visibles sur les récoltes..la "maximatose"qui éradiquera le lapin, c'est pour plus tard.

A l'ouverture, Marcel et ses voisins se mobilisent: pas de travail sur les terres ce dimanche; on a sorti la tenue de chasseur modéle Manufacture de St Etienne (Ah ce que j'ai pu rêver sur ce gros catalogue et lire les histoires passionnantes du Chasseur français...!), le fusil de chasse, enterré et planqué pendant la guerre, a été nettoyé soigneusement et le matin , très tôt, le départ pour une longue marche solitaire toute la matinée, avec les deux cockers noirs, aux longues oreilles pendantes, où s'accrocheront les fruits d'Aigremoine qu'il faudra patiemment enlever ensuite. Partout dans la campagne environnante, çà pétarade dans tous les coins...

Et le retour, vers 14 heures, au milieu des arômes du repas dominical: on ouvre le sac, un, deux, trois lapins, plus parfois...Le réfrigérateur n'existe pas ou si peu..¨pour conserver, on met dans un seau descendu dans le puits au ras de l'eau. Ensuite, il faudra démarrer la préparation des bêtes l'après midi, enlever les peaux (elles seront tannées ensuite), ennucléer les yeux, vider les intestins (l'enfant que je suis est curieux de toute cette activité, le prof.de sciences que je serai est en train de construire en douce sa représentation de l'intérieur du corps des mammifères); restera à enlever les plombs, pas toujours complétement sinon on en retrouvera parfois sous la fourchette, au cours de la dégustation de la viande. Pour les habitants de la ferme où je séjourne, c'est la viande assurée pour plus d'une semaine, et ce n'est pas négligeable pour le budget alimentation.

2008: c'est l'ouverture, ce matin dans notre campagne lotoise "dépaysannée". En partant en courses, j'ai croisé à deux cent mètres de chez moi le petit lapin effronté que je vois chaque jour et qui se planque simplement dans la haie au passage de la voiture. Tranquille apparemment...

Aucun coup de feu n'a retenti..Aucun bruit de battue au loin... ces chiens qui gueulent bêtement, rien...En route, je n'ai pas croisé de véhicule à grille séparant les hommes et les bêtes..Pas de factionnaire rivé à son poste et encasquetté de rouge...Il est vrai que l'on tire le sanglier surabondant, depuis quelques semaines déjà et que mon trajet ne croise pas trop de cultures de maïs. Et je n'ai vu aucun faisan, lâché depuis peu, toujours curieux de nouveauté, venir admirer mon bref passage en voiture sans en être plus troublé.

Les temps ont bien changé, mon bon monsieur..


Ces terres du Loir et Cher, à Pruniers, BOIS DE L'ABBAYE,LA GASTIERE,MAISON BLANCHE ET ALENTOURS, où enfant, j'ai cotoyé la vie paysanne, la chasse et la découverte de la nature "sauvage" en déchirant mes habits, forment maintenant une ZNIEFF. et les bâtiments agricoles sont occupés par un antiquaire.

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jeudi, juin 26, 2008

En bordure de forêt, rencontres du soir.


Ciel d'orage au Sud, ce soir; au dessus de nous les nuages sont encore colorés.

Il fait doux, très doux.

Au dessus du Quercy blanc, au delà de la vallée du Lot, des éclairs verticaux

Des grondements sourds. L'orage monte.

C'est un soir d'envol pour les Lucanes Cerf volant mâles qui quittent les bois assombris pour des espaces plus ouverts. Espoir d'une rencontre peut être.. Ils s'élévent bruyamment du dessus du toit de la maison, le corps presque vertical, ailes et ornements déployés, symboles sexuels aériens. J'aime ces élans un peu balourds pour perpétuer l'espèce



La lumière décline, il est temps maintenant de fermer les volets.

J'ouvre mon journal: chez nous, c'est le temps des réunions pour la chasse. Chaque village a la sienne, renouvelle son bureau et prépare la saison prochaine.

Fortes paroles d'un nouveau président, au chef lieu du canton:" Je ne suis pas pour engraisser les renards, il faut les réguler"....

Allez, on va faire plaisir à notre ami Danis...A sa demande, on féminise un peu le propos de cette assemblée de mâles...

"Je ne suis pas pour engrosser les renardes...

et c'est moi qui ajoute: il faut bien rigoler...".

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vendredi, juin 20, 2008

Le pauvre botaniste chez les chasseurs (suite)

Ce 18 Juin, en Commission de la chasse, on a planché sur les nuisibles.

Il s'en passe des belles dans notre beau département.

Ce printemps, les Renards ont mangé des canards.

Pour l'éleveur, sûr, les Renards sont des connards et des salopards

Pour le naturaliste, les Renards n'aiment pas trop l'effort; comme tous les prédateurs, ils vont se nourrir là où le garde manger est bien rempli et pas trop fatiguant à ouvrir.

Les Renards ne sont donc que de vilains flemmards.

Conclusion: pour mettre tout le monde d'accord, sans retard, il faudrait penser à bien enfermer ses canards, le soir, pour les protéger du Renard.

Un peu nul, ce texte, mais je ne suis pas Ronsard.


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lundi, mai 12, 2008

Equipage de Grésigne

Il était présent toute la journée à Cézac.



Messe de la St Hubert





Bénédiction des chiens




Petite démonstration de déplacement de la meute derrière un cavalier



Et musique oblige, qui adoucit les moeurs, des sonneries, des sonneries....






Auparavant, en Novembre dernier, une belle sonnerie supplémentaire.

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samedi, avril 26, 2008

L'héritage des années 70





C'est l'année d'édition d'un guide touristique Périgord-Quercy édité par la MAIF.

Parmi les auteurs multiples (des instituteurs, professeurs, universitaires), Roger Pecheyrand, de Floirac, dont nous avons évoqué la mémoire dans un post précédent. Il écrit des romans (Prix de Littérature Cynégétique 1952) des articles dans de nombreuses revues de chasse, il est conseiller biologiste, Membre de la Commission administrative de la Chasse et Vice Président départemental de la Fédération Lotoise des Chasseurs de Migrateurs.

Page 395, paraît sous sa signature un texte dense: Chasse et Pêche dans un beau pays.

On citera une partie de ce texte et deux notes de bas de page qui vont avec:

"Le sanglier devient rare dans nos régions. Malgré les sites sauvages de Montcléra, du Bastit, de Calès, de Saint-Géry, de Sabadel-Latronquière, de Lachapelle-Auzac , boisés convenablement, les bêtes noires ne s'attardent guère. Traquées sans doute inconsidérément, elles rejoignent des forêts plus vastes, comme celles de la Grésigne (1). Nous n'avons ici que de rares chevreuils sédentaires (2)."

(1) Toutefois des hardes apparaissent plus régulièrement sur les lieux cités depuis quelques années.

(2) Des lâchers de chevreuils ont été effectués il y a trois ans en divers points du Lot par la Fédération départementale des Chasseurs . L'avenir nous dira si l'expérience est bénéfique.


En quarante ans, la situation a évolué sensiblement: dans notre département du Lot, les effectifs des populations de sanglier sont devenus un probléme pour l'agriculture. De même l'espèce chevreuil géne la régénération des forêts.

De toute évidence , la population française de chasseurs, qui a éliminé au cours des siècles les prédateurs naturels, ne sait pas encore réguler convenablement des vastes populations de grands mammifères. En particulier dans le Lot.

Et merci encore à Quercy Recherche pour l'emprunt du dessin

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mardi, avril 22, 2008

Chasser en bagnole, est ce encore chasser ? La réflexion d'un botaniste.


Waouh... ça a été un peu dur ce Mardi après midi...en Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage...

Un gros morceau à déguster lentement, page à page : le Schéma départemental de Gestion Cynégétique du Lot, 44 pages et cinq annexes.. présenté par la Fédération
Départementale des Chasseurs du Lot.

C'est le projet de Juin 2007, revu et corrigé après la prestation des agriculteurs; il a perdu sa jolie présentation en couleurs, mais gagné quelques pages fermement organisées sur le sujet toujours inépuisable et fédérateur du sanglier lotois auprès duquel le Sanglier des Ardennes, cher aux Ch'tis n'est qu'un méprisable avorton.

Dans Faust, l'opéra bien connu de Gounod, le héros chante "le Veau d'or est toujours debout"; ici c'est le sanglier, toujours debout, qu'on cherche à abattre.

En abattre plus, de l'efficacité que diable... Donnons nous des moyens....

Dernier épisode soumis à la réflexion de notre docte assemblée: pour être plus efficace lors des battues à l'aide de chiens courants, on pourrait se déplacer d'un poste de tir matérialisé à un autre , en bagnole....en respectant la tradition du code de la route bien sûr, sur toutes les voies ouvertes à la circulation . c'est la dernière proposition, inédite et oh combien surprenante, de la chasse lotoise.

Toutes mes idées anciennes sur la chasse, nourries de souvenir d'enfance solognots et de pose de collets à lapins à la fin de la guerre, (merci, Raboliot) s'effondrent alors...

J'ai aussi en tête des lectures anciennes : l'image du chasseur lotois, solitaire et méditatif, un peu poéte, dans la brume du matin, humant les odeurs balsamiques des plantes du Causse qu'il arpente, pedibus cum jambis...cher Roger Pecheyrand, conseiller biologiste et chasseur de bécasse, qui écrivait si joliment dans le Quercy Recherche tout frais imprimé, lors de mon arrivée dans le Lot dans les étés 70, alors que le sanglier était vraiment rare et le chevreuil presque inexistant. Je me régalais alors de vos articles.

Eh bien mon cher botaniste, il va falloir sérieusement actualiser et changer tout cela : le chasseur de sanglier lotois se modernise; silhouette active à la mode, casquette rouge sur la tête, il a son téléphone portable dans la poche dont, c'est promis, c'est juré, il ne peut pas se servir, et il envoie fiérement des vapeurs de diesel odorantes au nez et à la barbe de tous les piafs du coin qui le regardent passer médusés....tout en faisant du 9o à l'heure, pas plus, c'est vrai, sur toute voie ouverte à la circulation, y compris les chemins blancs, écrasant fiérement les touffes de saponaires de Montpellier qui ont osé rechercher un peu de sécheresse pour fleurir sur notre castine lotoise..

Bref... comme on me l'a affirmé et répété pendant cette séance, le chasseur de sanglier moderne se doit d'être toujours efficace, motorisé et communicant ...et il réclame vigoureusement des autorisations ....

Suspense administratif...

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samedi, octobre 20, 2007

Le Kangourou de Laburgade

Je l'ai déjà dit et répété, la lecture quotidienne de la Dêpéche du Lot est passionnante.

Ainsi, il y a quelques jours, on apprenait qu'un kangourou se balade gentiment sur le Causse du côté de Laburgade; un habitant de cette commune l'a vu dans son jardin en se levant, même après s'être frotté les yeux; le kangourou restait toujours présent dans son champ de vision, jusqu'à ce qu'il saute par dessus la haie et disparaisse....

Depuis, le maire de la commune, responsable de l'ordre public s'est tout de suite mis à sa recherche en VTT....

Les gendarmes du canton l'ont aperçu mais n'ont pu le capturer.

Le personnel de l'ONCFS prévenu est prêt à intervenir.

Le propriétaire a été identifié.... Pas encore l'espèce de Kangourou...

Mais si on réfléchit bien, ce kangourou a pris son sort en main pour l'améliorer ; était-il vraiment à l'aise dans son enclos ? Les kangourous, çà doit aimer les grands espaces....




Peut être avait-il pris connaissance de l'article L.214-1 du code rural qui prévoit que "tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce".

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lundi, juillet 30, 2007

Les sangliers, les chasseurs et le botaniste (part.1)

"On va prendre connaissance du schéma départemental de gestion cynégétique: la nature et l'administration quoi...."

C'était le programme prévu pour cet après midi.

En fait il s'est passé toute autre chose.

Du théâtre revendicatif de très bonne qualité dramatique, avec une scénographie remarquable.

Spectateur involontaire, j'ai donc suivi le déroulement de l'action avec beaucoup d'intérêt.

En osmose avec les vers de Boileau et la régle des trois unités
Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Unité de temps: de 15h à 17h environ ce lundi 30 Juillet

Unité de lieu: la salle de réunion de la Direction Départementale de l'Equipement et de l'Agriculture du Lot, à Cahors. Les participants à cette réunion de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, représentants des chasseurs, forestiers, administratifs, policiers de la chasse et votre serviteur, pauvre botaniste, sont assis autour d'une table annulaire ovale, graves et silencieux, concentrés.
Unité d'action: (j'emprunte à Wikipedia les régles de construction de l'action dramatique)

Tous les événements doivent être liés et nécessaires.
Une intrigue principale doit avoir lieu du début à la fin de la pièce.
Les actions accessoires doivent contribuer à l’action principale.
L'œuvre ne doit donc contenir qu'une seule intrigue majeure.

Un groupe de jeunes agriculteurs mâles entre bruyamment dans la salle, à la suite de 4 dépouilles de sangliers, chacune ficelée par les pattes sur un solide baliveau de jeune chêne porté par deux gaillards joliment musclés.

Un filet de sang , parfois des gouttes isolées matérialisent le tragique trajet.

Le groupe scande sur l'air des lampions "vous voulez du sanglier, voilà du sanglier".

Les quatre suidés sont déposés sur le sol au centre de la salle et sur une table libre. L'un d'eux porte une plaie béante à la gorge; il a été "travaillé" vilainement au couteau de chasse.

Une odeur forte de gibier un peu faisandé, ou de phéromone, une odeur de sanglier quoi, pour faire simple, pénétre la piéce; à la fin, quelques mouches se pointeront timidement. Mais la toison est propre; ils ont du être "karchérisés" pour cette présentation.
L'intrigue majeure est d'une simplicité biblique; écoeurés par la surpopulation actuelle de sangliers dans le Lot, les agriculteurs de la FDSEA manifestent en direction des représentants des chasseurs et de l'administration préfectorale.

Motif exprimé: la population lotoise de sangliers bien trop importante occasionne des dégâts conséquents aux exploitations agricoles , prairies, maïs surtout, parfois légumes ; le reproche est donc fait aux chasseurs de mal réguler les effectifs. Et l'administration locale ne prend pas, parait-il, les mesures administratives efficaces, nécessaires et urgentes pour faciliter le retour à une situation supportable par la profession agricole.





Bref, c'est une sympathique manifestation paysanne pédestre et tonitruante qui est tout bonnement en train de démontrer au petit botaniste amoureux des petites plantouzes et des modestes petites bêtes et au reste de l'assemblée que la chasse au gros gibier peut être parfois la source de repas conviviaux, mais aussi celle de conflits villageois coriaces et qu'il devient nécessaire d' associer dans la "gestion"(vilain mot) des espaces "naturels"ou humanisés les différents titulaires de savoirs théoriques et pratiques sur les êtres vivants exploitant ces habitats.

Deux bonnes heures d'explications franches vont être nécessaires pour clore provisoirement l'action.

Deux heures de nettoyage seront nécessaires aux petites mains modestes, toutes féminines bien sûr, pour frotter et enlever le sang répandu sur des sols heureusement facilement nettoyables.

Moralité: rien ne semble donc fondamentalement changé depuis les séjours et les passages saisonniers des chasseurs-cueilleurs préhistoriques et de leurs familles sur le Causse de Gramat. Il faut toujours tenir les grottes et les abris propres; c'est le rôle des femmes, pendant que les mâles s'étripent.


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mercredi, juin 27, 2007

Un botaniste chez les chasseurs (3° épisode)

Mais non, pas de compte rendu de réunion aujourd'hui.

Nous sommes en promenade découverte d'un réseau dense de petits chemins forestiers dans les chênaies entre Montgesty et St Médard. Sur la route une pancarte nous a averti: nous arrivons au niveau de la réserve de chasse et de faune sauvage d'une société de chasse locale.

La botanique étant une activité calme qui ne nécessite pas la présence obligatoire d'un chien qui dérangerait le gibier, sans état d'âme, nous explorons donc les chemins herbus et encore bien mouillés: on recense les Epipactis muelleri, helleborine, les Cephalanthera rubra etc...au pied des murets anciens bordant les parcelles boisées avec une abondance de Cornouillers mâle et sanguin. La récolte de cornouilles sera bonne cette année.

Un court détour vers un lieu plus éclairé, et c'est la surprise: une superbe petite carrière abandonnée dont le fond retient l'eau; une roche claire, très dure, qui a du être débitée avec une scie laissant des traces rectilignes, un peu inattendues dans ce fouillis de verdure se reflétant dans une succession de petits plans d'eau.




Autour et au dessus de cette carrière, des pelouses séches, rocailleuses colorées par le Serpolet et les Germandrées (Teucrium montanum); sur argile, les pelouses sont plus gazonnantes; les sangliers marquent leur présence de petits entonnoirs discrets dispersés. Ca ouvre un peu le milieu pour faire de la place à des plantes pionnières.



La nature reprend donc ses droits, les chasseurs entretiennent un espace intéressant pour leur gibier: tout semble donc normal dans ce coin de causse de Mongesty.

Tout .... sauf la flore aquatique.
Dans deux des plans d'eau, sous la surface, un superbe herbier un peu envahissant.




Une plante inconnue! Une vague ressemblance avec une Elodée, mais les feuilles sont plus coriaces.

C'est Flora Helvetica qui va me donner la solution:

n°2388, Lagarosiphon major, le grand Lagarosiphon, originaire d'Afrique du Sud: ses feuilles sont bien disposées en spirales.



Rien à voir avec la chasse dans le Quercy, sauf que je soupçonne un chasseur aquariophile d'avoir voulu oxygéner l'eau pour permettre à la faune sauvage de boire une eau limpide. Ce faisant, il introduit dans le milieu naturel une plante non autochtone et envahissante, fait normalement réprimé par la loi.

Je suggère donc à la société de chasse une "cueillette administrative", avant le repas traditionnel.... Un peu comme la Jussie.. ou le ragondin.

Autre suggestion: végétaliser les carrières après exploitation, c'est nul et çà ne sert à rien. C'est bien plus riche quand on laisse faire la nature. A condition de ne pas transformer la carrière en dépotoir.

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mercredi, juin 06, 2007

Un botaniste chez les chasseurs (suite)

Deuxiéme réunion de la CDCFS, cet après midi.

Chasseurs, forestiers (forêt publique, forêt privée), Agriculteurs, un Vétérinaire et moi même, simple représentant de Lot Nature, sommes conviés par l'administration préfectorale à poursuivre l'organisation de la prochaine saison de chasse.


C'est un peu surréaliste pour un non chasseur de visionner le document qui résume les demandes d'attribution de collier aux sociétés de chasse, pour les chevreuils et les cerfs.
Ce document résume un peu séchement les nombres de bêtes pouvant être supprimées dans la saison par chaque association de chasse.

Il faut rester serein: les populations de chevreuil sont abondantes, il n'y a plus de prédateurs naturels.

On veut limiter aussi les populations de cerfs qui occasionnent des dégâts en forêt.
Alors on préléve un mâle par ci, une femelle par là et un jeune en plus parfois.

Sans éradiquer totalement, indique l'administration qui sait administrer, comme l'écrirait Giraudoux.

Et le mot biodiversité circule. Signe des temps...

Il ne faut pas oublier que la même personne s'occupe des plans de chasse et de la mise en place de Natura 2000. Par rapport aux années 1960, le discours a tout de même changé, il y a une évolution certaine des mentalités; la nécessité de préserver ce qu'on peut de la nature pour la gérer au mieux apparait confusément dans les attitudes et les paroles. Je m'en aperçois au silence qui suit ma proposition de réfléchir à la suppression de la liste des nuisibles du geai des chênes, estimable semeur de glands, au moment où la forêt privée organise dans le département des réunions de propriétaires de bois pour attirer leur attention sur le chêne. A cause de quelques cerises chapardées en cette saison, ce joli oiseau un peu criard reste encore une cible occasionnelle, et c'est un peu dommage que son prédateur naturel, l'autour des palombes soit encore trop peu répandu.

Il faudra reposer le probléme l'année prochaine, avec, j'ai pu m'en assurer , la sympathie des forestiers qui ont bien saisi la fonction de l'oiseau dans l'écosystème lotois.

Forestiers et botanistes, même combat?

On revient à la battue du chevreuil...Il en faut du monde pour cette chasse...Alors on invite à tour de bras, surtout en fin de saison..Et les invités arrivent.. en voiture.. Tout ce monde se retrouve, s'attroupe, discute... En bordure de forêt pas de probléme.. Mais quand ceci se passe dans un hameau de quelques âmes, forcément çà géne. Et notre ami agriculteur qui expose cette situation, intolérable le Dimanche, s'enflamme.."Vous vous rendez compte..; c'est qu'ils étaient nombreux la dernière fois...et çà faisait du bruit.. ils étaient au moins quatre vingts chasseurs" (sourires discrets, rires parfois légers dans l'assistance ...)

J'ai honte maintenant, mais à ce moment là dans la tête de l'éternel étudiant que je reste, j'ai eu la vision coupable ( pardon... Madame la Marquise) du lit de Madame de ..... au château de Grignan.

Ainsi le botaniste chez les chasseurs oublie parfois la botanique.

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samedi, avril 28, 2007

Un botaniste chez les chasseurs.




Réunion de la CDCFS ce 27 Avril après midi pour préparer la campagne de chasse 2007-2008.

Devant l'administration préfectorale et l'Office national de la Chasse et de la Faune sauvage, je suis donc , nain parmi les géants, le seul représentant d'une association de protection de la nature, à côté de l'influente Fédération Départementale des Chasseurs, de représentants de la profession agricole et des forestiers.

Nous sommes réunis pour donner des avis pour gérer au mieux, avec nos pauvres ressources humaines, pour un an, une petite part du milieu naturel du département: face à cette nature imprévisible parfois, toujours complexe, il faut permettre aux hommes de s'épanouir à la fois dans leurs activités professionnelles (agriculteurs, forestiers), dans leurs occupations traditionnelles et leurs loisirs (chasseurs, observateurs naturalistes, randonneurs, touristes etc..) en essayant tout de même de conserver la ressource.

Culture du compromis nécessaire et obligatoire.

Le sanglier reste un probléme; manifestement c'est un amateur de maïs, et comme dans le Sud Ouest, on est très maïs, notre animal a de quoi s'occuper. Ce qui ne doit pas déplaire aux chasseurs, mais chagrine, et on les comprend, les agriculteurs. C'est l'occasion de m'étonner gentiment d'avoir découvert récemment à l'orée d'un bois un petit champ de maïs ( je sais reconnaitre le maïs puisque je suis botaniste) non récolté à l'automne sur le territoire d'une commune situé dans une zone à probléme; réponse indignée des agriculteurs "ce maïs ne reléve pas de l'agriculture"; réponse furtive d'un chasseur "ce maïs a du être planté pour les palombes".

Si j'ai bien compris (mais je ne suis qu'un modeste botaniste observateur d'une nature qui doit rester raisonnablement biodiversifiée ), le sanglier doit apprendre à ne pas manger le maïs des palombes et se rabattre comme les humains sur la nourriture bio. C'est d'ailleurs ce qu'il semble faire actuellement en cette période "no maïs" où nous observons un peu partout des traces de fouissage à la recherche des tubercules, racines charnues, petites larves et autres ressources alimentaires habituelles précieuses.

Vous me croirez si vous voulez, mais ce salopard d'animal ose aussi s'attaquer aux tubercules d'Orchidées; ainsi, près de Graudène, il m'a saboté une population de rosettes que je surveillais avec attention depuis quinze jours. Mais que font donc les chasseurs ?

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